Dois-je me protéger ou accepter le danger ?
Devons-nous nous protéger, ou devons-nous accepter le danger… C’est une question qui spirituellement a du sens !
En réalité, il faut les deux, mais avec le bon dosage ! Il faut accepter le danger tout en cherchant à se protéger. Il ne faut pas se mettre en danger, ni entrer dans une psychose sous prétexte qu’il faille se protéger. La Voie juste est médiane, elle montre l’équilibre parfait.
Un récit prophétique relate l’histoire d’un homme se rendant à la mosquée du Prophète. Il interpella le Prophète en lui demandant s’il devait attacher sa monture ou placer sa confiance en Dieu. Le Prophète lui répondit alors : « Attache-la et fais confiance à Dieu ! » Autrement dit, fais ta part du travail et laisse-le reste au Seul qui est capable.
Agis en tant que serviteur, connaissant du monde des causes, qui fait selon ce qu’il sait, et remets-toi en à Dieu pour ce qui t’échappe. La vie est remplie de risques, plus ou moins grands selon les périodes, mais la vie est aussi remplie d’enseignements, de démonstration de Puissance et de Sagesse divine.
Le serviteur provoque ce qui vient sur lui. S’il provoque la sécurité, Dieu le couvrira de Sa Protection. Si le serviteur provoque son danger, Dieu lui manifestera alors les conséquences de sa mise en danger. Car le danger est réel, et il n’est pas une preuve du désamour divin, il est simplement une manifestation de ce qui peut nuire à l’Homme.
Et l’Homme n’as pas besoin de Dieu pour se nuire, il passe sa vie à aimer ce qui le fait courir à sa perte.
Il cherche en premier lieu tout ce qui détruit son âme et qui l’empêche de pleinement revenir à l’Esprit… D’autres recherchent même ce qui détruit leurs corps, par la cigarette par exemple ou par la mauvaise alimentation ou toute mauvaise habitude de vie.
D’autres cherchent l’adrénaline, repousse les limites de la vitesse ou sont en quête de sensations, dangereuses pour eux, et parfois même pour les autres.
Tout Homme a en lui une tendance qui le fait courir à sa perte, que cette tendance soit subtile ou affichée, qu’elle concerne l’âme, le corps, sa vie sociale, familiale, etc.
Et cela est attesté par un sermon coranique, le Créateur connaissant si bien sa créature :
« Par le Temps ! L’homme est certes en perdition. » (Coran 103/1-2).
L’Homme se jette continuellement dans une forme de perdition, mais lorsqu’une calamité qu’il ne maîtrise pas se manifeste, c’est là qu’il perd son sang-froid. C’est là qu’il se rend compte qu’il ne veut absolument pas la perdition, qu’il ne peut l’assumer.
On doit alors se demander : où est ma confiance en Dieu ? Ai-je bien attaché ma monture, à l’image du compagnon qui questionna le Prophète, ou l’ai-je laissée filer en accusant intérieurement Dieu et Son Décret ?
Il faut revenir à soi, à son paradigme intérieur, à ses œuvres.
« Par le Temps ! L’homme est certes en perdition, sauf ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, qui s’enjoignent mutuellement à la vérité et qui s’enjoignent à l’endurance. » (Coran chap. 103)
Notre secours actuel, notre sauvegarde face à l’inconnu se trouvent dans ce troisième verset de la sourate al-‘Asr (le Temps).
« Sauf ceux qui croient et qui accomplissent les bonnes œuvres », c’est-à-dire qui agissent dans le monde selon les recommandations que l’intelligence indique, et qui renforcent leur lien avec Dieu en toute situation, redoublant d’efforts quand les catastrophes viennent leur rappeler leur insouciance.
« [ceux] qui s’enjoignent mutuellement à la vérité et qui s’enjoignent mutuellement à l’endurance. » ce sont ceux qui se soutiennent dans le bien, qui recherche la solution, qui fournissent un effort et qui ont une énergie positive pour avancer dans la bonne direction.
L’endurance dans la vérité n’est pas une attitude passive. Elle ne permet pas d’être un spectateur. Elle est au contraire l’œuvre de « ceux qui croient et qui accomplissent les bonnes œuvres. »